François Jacob s'exprime essentiellement par le biais de la peinture et de la photographie. Dans son travail, les deux pratiques se rejoignent dans un même processus: l'apparition d'une image par le noir et par la tache. Travaillant la peinture sur papier, l'artiste a pour habitude d'utiliser toutes sortes d'objets en guise de pochoirs, dans le but d'y faire surgir une image originelle, potentiellement figurative, mais dans une volonté non-illustrative et en contournant le dessin.
Ses photographies fixent l'abstraction et la singularité du monde qui nous entoure, au sein de nos constructions, nos objets et de la Nature. Elles poursuivent l'idée qu'une vérité et une immensité se cache dans chaque détail.
À la limite de la figuration, le spectateur est alors invité à faire appel à sa propre interprétation. La puissance évocatrice de l'image prime, au delà même du choix de la technique.

Céline Regnard.2015.

François Jacob manipule les objets, les formes et les matières, explore leurs capacités, interrogeant sans cesse leurs possibilités.
À travers la photographie et la peinture, l’artiste malmène avec dextérité le regard que nous portons sur la réalité et nous entraine vers un univers onirique et fictionnel. Le sujet choisi, souvent difficile à identifier, apparait comme surgissant d’une scène irréelle à l’atmosphère étrange.Mêlant les codes de la représentation picturale classique à l’esthétique du film de science-fiction, chaque composition questionne le statut même de la figure et de ses possibles états.
Les peintures se présentent comme des surfaces de réception du geste. Après avoir travaillé la couleur et sa gamme fluorescente, François Jacob emploie à nouveau le noir et blanc et leurs infinis dégradés. Le pigment est figé dans un souffle. La fine couche de peinture et la lumière sont tour à tour superposées, dans le but d'éprouver chacune des matières. L'artiste tente en vain d'effacer les signes de sa présence mais dans cette impossibilité l'œuvre prend forme. Il décide alors de laisser une place ouverte au hasard et à l'imprévu et capte le moment en arrêtant le geste.
Plus récemment, François Jacob a développé, en empruntant aux recherches graphiques actuelles, une série basée sur l’association de deux images symétriques reliées entre elles par un montage numérique simple et assumé. Par l‘association de ces photographies choisies, s’ouvre une dimension dans la perception qui brouille notre point de vue et nous invite à une relecture des formes et de leurs places occupées originellement, notamment à travers le paysage architectural contemporain.
Ainsi, qu’il s’exprime par le biais de la peinture ou de la photographie, François Jacob propose un travail figuratif dont la dualité réside dans l'interprétation personnelle du spectateur qui peut lire l'image en référence à sa propre expérience visuelle.

Katell Jaffrès. 2013.